Les abus du ministère de l’intégration – les francais out.

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Les abus du ministère de l’intégration – les Francais out.

Comme c’est le cas de temps en temps, nous nous permettons de sortir des sentiers battus et des articles habituels du blog pour un billet d’humeur. Ce billet est donc avant tout un coup de gueule.

 

 

Nous observons depuis quelques semaines l’implication de nombreux francophones dans la vie politique du pays dans le cadre des élections municipales.

Un groupe a été créé – Aleinu – qui a pris l’initiative d’introduire des francophones en politique. Noble initiative qui on l’espère portera ses fruits.

La question que l’on rencontre le plus souvent autour de ce nouvel élan est de savoir qu’avons-nous à « vendre » en tant que Français. Avons-nous réellement des intérêts communs qui justifieraient une « communautarisation » du vote?

La réponse la plus souvent donnée est celle de l’importance des présents à s’inquiéter de l’arrivée de nouveaux olim et dans les meilleures conditions possibles. De plus, s’inquiéter également de la réussite de l’intégration des derniers arrivés, et ce en influant sur les politiques et notamment sur l’obtention ou la juste distribution de budgets.

 

Une injustice en particulier est souvent pointée du doigt, ce serait celle de la « préférence russe ». Les représentants de la communauté russe serait les mieux servis étant plus proches de l’assiette. De même, certains budgets dédiés aux olim seraient engloutis dans toute sorte d’initiative opaque ou sans rapport avec la Alya.

Seulement, peu d’exemples concrets sont donnés et j’avoue que moi-même personnellement j’ai souvent balayé d’un coup de bras ce genre d’arguments.

 

C’est donc à ce titre que je voudrais illustrer ici 2 exemples pour moi symptomatique de ce genre d’abus et de l’importance de l’émergence d’une nouvelle vague d’homme politique.

 

  1. La culture pour tous (enfin pas vraiment pour tous) :

Je voudrais commencer par quelques chiffres :

Le misrad haklita (ministère de l’intégration) c’est presque 2 milliards de shekels de budget annuel. Milliards pas millions. ¼ sal klita, ¼ le logement sur lequel j’espère pouvoir faire un autre article prochainement et le reste les salaires bien sûr, les charges et ……des PROJETS.

En voici un, je ne sais pas si vous êtes au courant mais la plupart des gens qui m’entourent et à qui j’ai posé la question ne le savent pas. Il existe un programme au ministère de l’intégration pour l’accession à la culture pour les nouveaux immigrants.

L’objectif est posé, offrir aux olim la possibilité de gouter à la culture israélienne par le théâtre en subventionnant des pièces de théâtre où toutes les places sont distribuées gratuitement aux olim.

Ce programme est renouvelé tous les quelques mois avec de nouvelles pièces.

Au programme pour ce mois d’octobre et pour les mois à venir, 13 pièces toutes subventionnées par le très généreux misrad haklita.

J’ai posé la question a des professionnels de l’événementiel, pour organiser une pièce de théâtre, on parle au bas mot de 70,000 à 100,000 shekels (peut être bien plus vu les efforts notamment sur le sous-titrage). Faites votre calcul, multiplié par 13, plus d’1 millions de shekels et c’est déjà la deuxième fois cette année.

Ce programme s’adresse à tous les olim arrivés en Israël depuis 1989, il est d’ailleurs proposé sur le site du misrad haklita dans toutes les langues (russe, anglais, français, amharite, espagnol….), et donc pas seulement pour les nouveaux immigrants mais même les très anciens. Mais alors pourquoi 1989 et pas 1986. On y reviendra.

Au programme 13 pièces donc et voici le descriptif :

  • 6 pièces en Yiddish, sous-titré russe
  • 3 pièces en russe
  • 3 pièces en hébreu sous-titré russe
  • 1 pièce en hébreu sous-titré amharite

Je pense que les moins perspicaces parmi vous comprendront à qui ces pièces s’adressent et non ce ne sont pas les quelques nostalgiques français et américains qui parlent le yiddish.

J’ai assisté à l’une de ces pièces lors de la précédente programmation. Si parfois lorsqu’on va à des spectacles de la Alya on se plaint du manque de dépaysement, la pour le coup, je n’ai pas entendu parler français ce soir-là.

Je tiens à préciser – pour éviter tout malentendu -que je ne dirige surtout pas de doigt accusateur envers la communauté russe que j’admire et dont je suis fier du dévouement envers ce pays et de son intégration.

Il y a là un exemple très symptomatique à mon sens de la façon dont fonctionnent ces ministères :

  • Une décision est prise – encourager la culture chez les olim , décision discutable quant a l’utilisation de fonds publics a cet effet mais en tous les cas à priori les intentions sont louables.
  • Des budgets sont débloqués
  • Des fonctionnaires et des élus s’assurent de l’application de cette décision et c’est la ou l’influence revêt une importance cruciale.

 

Les meilleures décisions peuvent être pourries par une application vicieuse, orientée ou sectorielle de la loi. On parle de corruption passive puisque ce genre de décision ne sera jamais punissable par la loi. Tout respecte le cahier des charges. On donne accès au théâtre gratuitement, on publie dans toutes les langues, mais en réalité on ne s’adresse à un seul public.

Je suis allé analyser les chiffres de la Alya de ces dernières années en espérant me fourvoyer.

Il n’existe pas de chiffres sur la Alya par langue, j’ai donc synthétisé ces chiffres dans un tableau en me basant sur les rapports du lamass (l’équivalent de l’INSEE) sur les pays d’origine des olims :

2000/2015taux2016/2017taux13 representations
russe  191,60846.6%   30,28752.4%6.81
anglais  100,31524.4%   14,78125.6%3.32
francais   44,12110.7%    8,21414.2%1.85
espagnol   21,7105.3%    1,5212.6%0.34
arabe   17,4984.3%    2,9245.1%0.66
amarit   35,8538.7%       840.1%0.02
  411,105   57,81113

 

J’ai volontairement séparé les 2 dernières années des 15 précédentes afin de voir s’il existait une dynamique différente sur les immigrants les plus récents.

Grosso modo, la moitié des olim arrivé depuis 2000 parle russe (bloc de l’ex URSS), le quart anglais (EU, UK, Australie…), 10/15% le français (France, Belgique, Suisse, Maghreb) et puis le reste se partage de façons peu significatives entre plusieurs langues (espagnol, portugais, arabe….)

Si l’on revient à notre accession à la culture, en respectant les proportions, on aurait dû avoir approximativement, 6 ou 7 spectacles accès public russophone. 3 pour anglophone, 2 pour francophone, et puis 1 ou 2 autres dans des langues secondaires.

En réalité, nous avons 12 accès russe et 1 accès Ethiopien (pour la très grande majorité olim vatikim de plus de 20 ans).

On comprend d’ailleurs mieux ce choix de 1989, date de la chute du mur de Berlin et donc de la Alya massive des juifs de l’ex URSS vers Israël. Si déjà on triche, autant faire profiter tout le monde.

On comprend donc mieux pourquoi le misrad haklita est devenu ces dernières années la chasse gardée de certains partis politiques qui ont trouvé la un moyen original de favoriser leurs électeurs -et au passage que l’on peut accuser de copinage avec certains producteurs de pièces invendables en yiddish- avec des fonds publics, de façon légale et sans la moindre discrétion. Ce sera 12/13 pièces en russe et pour tous nos électeurs depuis 1989.

 

Il me semble légitime que le contribuable israélien sache ce qui est fait avec son argent.

 

  1. L’agence juive.

A sa création, l’agence juive a été fondée afin d’encourager l’immigration vers Israël et de garder un contact avec les juifs de diaspora.

Aujourd’hui – à l’instar de la présidence- elle sert surtout à placer des vieux loups politiques dont on ne sait plus que faire. C’était Sharansky, maintenant c’est Herzog.

 

Mais le fait que cette agence profite encore de budget à hauteur de 1.3 milliards de shekels annuels.

 

On ne sera plus surpris de découvrir que ¼ de son budget est consacré à -je cite :

« Aide aux populations défavorisées et activisme jeune »

 

En gros, ces budgets sont dirigés pour soutenir l’éducation en périphérie et notamment dans les villages arabes où l’accès à l’éducation et à la formation reste compliqué.

Intention très louable, et probablement nécessaire mais quel rapport avec l’agence JUIVE?
L’agence juive ne s’en cache pas. Dans un poste Facebook ces derniers jours, elle louait les résultats obtenus :

 

הסוכנות היהודית לארץ ישראל

22 octobre, 20:35 ·

« הרגע שאני זוכרת יותר מכל הוא כשילד שליוויתי בא ואמר לי שאני היחידה שמאמינה בו, אפילו יותר מאימא שלו », אומרת ריוואד אדריס ממג’דל כרום, אחת מהנאמנות הוותיקות בתכנית ‘פותחים עתיד’ של הסוכנות היהודית. עבורה, התכנית היא שליחות וכלי לייצר שינוי חברתי.
אדריס, שבמהלך 6 שנותיה כנאמנה, ליוותה כבר 80 משפחות בסיכון, הרצתה היום על עבודתה בפאנל בכנס JFNA GA, בדגש על שילוב מוגבר של ערבים בחברה הישראלית. נאמני פותחים עתיד מלווים משפחות בסיכון מהפריפריה ב-36 ישובים מהצפון ועד הדרום ומשפרים את חייהם של כ-12,000 ילדים והורים ברחבי הארץ.
יישר כוח!

 

Il existe en Israël un ministère de l’éducation et un autre des affaires sociales qui peuvent traiter de façons transparentes et mesurées de ces questions.

Il s’agit tout de même de ¼ du budget total de cet organisme.

Que dirions-nous si le ministère de la culture décidait d’encourager les transports en commun et de dédier à ce titre ¼ de son budget à la construction de chemins de fer ?

 

Le contribuable a bon dos.

 

 

Conclusion : J’espère que ces 2 exemples ont permis d’illustrer l’importance de l’engagement public de personnes honnêtes, justes et soucieuses de l’argent public.

J’espère aussi qu’elle met en exergue l’importance d’engagement communautaire afin de rééquilibrer les décisions politiques tout en évitant de tomber dans un sectorialisme destructeur.

 

 

Réaction sur Facebook  du ministère de l’intégration, les précédentes éditions des spectacles étaient dédiées également à d’autres populations. Je n’ai malheureusement plus accès aux programmes mais pour l’avoir consulté à l’époque, c’est faux.

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